Les pratiques de gestion des terres associées au processus d’extraction minière peuvent avoir un effet négatif sur le sol qui entoure le site. Le travail du sol, le dénuement et le retrait de la végétation indigène peuvent altérer les conditions de vie et d’approvisionnement en nutriments des organismes du sol, et provoquer la dégradation de leur microenvironnement, particulièrement par l’atténuation de la biomasse et de la diversité des biotiques.

Sans organismes capables de décomposer la matière organique et de souder les particules du sol, la structure de ce dernier peut être aisément endommagée par la pluie, le vent et le soleil. Cela peut entraîner l’écoulement de l’eau de pluie, une infiltration d’eau insuffisante et ultimement, l’érosion du sol et le retrait possible d’aliments utilisés par les organismes, soit la matière organique de l’horizon superficiel. Malgré cela, des techniques de rectification utilisées par des spécialistes chevronnés du contrôle de l’érosion peuvent restaurer l’état d’origine des terres, celui d’avant le début des activités minières.

Ces techniques ont été utilisées à la mine El Sauzal de Goldcorp située dans la municipalité d’Urique Chihuahua au Mexique.

Les activités de la mine El Sauzal ont été interrompues en 2014. Après sa fermeture, la restauration environnementale des 269 hectares de la mine aurifère à ciel ouvert fut entamée.

De mai à août 2016, une variété de techniques de contrôle de l’érosion furent utilisées, dont l’installation de 6 000 mètres linéaires de fagots de contrôle et de conservation du sol et 20 000 mètres de tapis anti-érosion en noix de coco sur les pentes abruptes.

Une pépinière fut aussi créée sur place. Une fois le sol stabilisé, 68 hectares de terrain furent reboisés à l’aide de plus de 60 000 plantes indigènes.  Des graminées indigènes furent dispersées à la main sur les escarpements dont la pente allait de 1:2 à 1:3 et là où l’accès des véhicules et de l’équipement était impossible.

Les averses quotidiennes présentaient un nouveau défi à la stabilisation des pentes entourant le site. Les tests du sol présentaient des résultats préoccupants, notamment la présence de moins de 0,8 % de matière organique, pratiquement nul signe de nutriments végétaux, une composition du sol rocheuse et un pH de 3 à 5. Les problèmes de stabilisation et de compactage du sol soulevaient des inquiétudes quant à l’érosion en nappe vers les cours d’eau construits.

Grâce à l’application de 13,56 hectares d’ensemencement hydraulique réalisé à l’aide d’une machine de 550 gallons et de tuyaux allant jusqu’à 122 mètres, le sol et les pentes furent stabilisés. Une plus petite machine fut utilisée pour accéder au terrain plus difficile d’accès. De plus, un ensemencement hydraulique de paillis, un mélange de fibres de paille de blé et d’agents de liaison réticulés en polymère renforcé, a satisfait les exigences biologiques, chimiques et physiques de stabilisation et de restauration de la végétation des sites perturbés et contrôlé l’érosion durant l’établissement de la végétation. La matrice poreuse en paille de blé a favorisé l’infiltration de l’eau, permettant ainsi aux nouvelles semences de la traverser.

Un aspect clé supplémentaire de cette réussite fut le partenariat avec l’Ejido, une communauté copropriétaire d’une parcelle de terrain où elle vit et qu’elle coexploite, ce partenariat prenant la forme d’une entente visant à protéger la terre contre les nouveaux établissements humains, le déboisement et les activités bovines, pour donner à la végétation replantée la chance de s’établir et de s’épanouir.  Un autre facteur de réussite du projet fut la participation et le soutien de la communauté locale, dont certains membres furent embauchés pour participer au projet.

Une couverture végétale stable, surtout composée d’espèces de graminées, a commencé à prendre de la force et à atteindre El Sauzal, couvrant la plupart des aires touchées et rétablissant ainsi l’environnement préalable du site. Malgré les défis, le projet s’est avéré une réussite, satisfaisant les exigences réglementaires gouvernementales pour le reboisement des aires visées par ce dernier. Des campagnes de végétalisation supplémentaires vont se poursuivre pour assurer l’établissement de la végétation dans d’autres aires perturbées.

S’inscrire

S’inscrire pour recevoir les mises à jour du blogue