Maryse Belanger, vice-président, Services techniques pour Goldcorp, et Elizabeth Croft, président du CRSNG pour les femmes en sciences et en génie à l’UBC (Crédit photo: Martin Dee)

Goldcorp a marqué la Journée internationale de la femme 2014 avec un don de 500 000 $ visant à soutenir les efforts de l’Université de la Colombie-Britannique (UBC) pour recruter davantage de femmes dans l’exercice de la profession d’ingénieur.

La nouvelle Chaire Goldcorp pour les femmes en génie à la Faculté des sciences appliquées de l’UBC va promouvoir l’ingénierie auprès des étudiants d’écoles secondaires, de leurs parents et de leurs conseillers. Dans le cadre des efforts réalisés à l’échelle nationale visant à combler la pénurie d’ingénieurs imminente, cette chaire aidera la faculté à accroître la représentation des femmes dans ce métier de 20 % à 50 %, au cours des cinq prochaines années.

Récemment, Maryse Belanger, vice-présidente directrice des services techniques de Goldcorp, et Elizabeth Croft, membre de la chaire du CRSNG pour les femmes en sciences et en génie à l’UBC, ont exprimé leurs opinions au sujet de ce don.

Q : Que pensez-vous des raisons de l’annonce de Goldcorp et de ce que la société et l’université attendent de ce don?

BELANGER : Elizabeth souhaite que l’UBC suive une voie très cohérente avec ma vision des choses, et avec la position de Goldcorp. L’ingénierie devrait être présentée comme une profession grâce à laquelle vous pouvez véritablement changer le monde. Nous n’avions jamais utilisé ce genre de discours de vente pour les jeunes femmes auparavant. Je pense qu’en quelque sorte, nous changeons cette dynamique ainsi que le visage de l’ingénierie.

CROFT : La société canadienne aurait beaucoup à y gagner si davantage de femmes étaient impliquées dans l’ingénierie. Plus de 50 % des personnes inscrites à l’université ― ce chiffre avoisine les 60 % en ce qui concerne l’UBC ― sont des femmes, mais trop peu d’entre elles suivent une carrière professionnelle dans le domaine de l’ingénierie. Pourtant, nous manquons de personnes hautement qualifiées et brillantes qui pourraient jouer un rôle dans notre industrie.

Q : Quels genres d’opportunités attendent les femmes poursuivant une carrière dans le génie minier? 

BELANGER : À l’heure actuelle, il existe des opportunités dans le monde entier. Au cours des 20 prochaines années, si nous voulons doter tous les postes dans le domaine de l’ingénierie et de la technologie, nous devons œuvrer en faveur de la diversité et inciter les femmes à poursuivre une carrière dans ces professions. L’ingénierie ne doit plus être considérée comme étant une science réservée aux « geeks[Y1]  ». La capacité de résoudre des problèmes, la possibilité de changer la vie des gens, la recherche de nouvelles façons de faire les choses ― ce sont ces aspects qui rendent ce domaine intéressant.

CROFT : Les métiers dans le domaine de l’ingénierie sont de très beaux métiers. Ils sont avantageux : ils sont bien rémunérés, ils sont intéressants, et offrent la promesse d’un emploi stable. Nous aurons toujours besoin d’ingénieurs. L’industrie minière est particulièrement intéressée dans le recrutement de femmes, c’est pourquoi cette annonce est également une grande victoire pour cette activité.

Q : Pouvez-vous nous parler du programme pour les femmes en génie de l’UBC? Comment bénéficie-t-il aux étudiantes?

CROFT : Il s’agit d’apprendre aux professeurs et aux conseillers d’écoles secondaires en quoi consiste le métier d’ingénieur. Nous allons créer un programme d’ambassadeur : nos propres étudiants vont approcher les étudiants d’écoles secondaires pour les inciter à s’inscrire à l’UBC. Nous allons travailler sur les possibilités visant à permettre aux femmes de participer à des camps et à mieux comprendre en quoi consiste le métier d’ingénieur.

Q : Quels genres de messages le programme cherche-t-il à diffuser auprès des futures étudiantes?

CROFT : L’ingénierie fait appel à l’intelligence et non aux qualités physiques. Le métier d’ingénieur est en réalité plutôt axé sur les gens. Nous travaillons en équipe et notre rôle en tant qu’ingénieurs est de servir la société en lui fournissant les infrastructures nécessaires, les opportunités et les métiers dans le secteur des ressources, tout en nous assurant qu’à travers leur utilisation, nous veillons à protéger l’environnement et à le préserver comme nous l’entendons. L’ingénierie ne jouit pas d’une bonne réputation en la matière et nous devons réaliser un travail exemplaire lorsque nous expliquons à ces femmes, à leur mère et à leurs professeurs que c’est à ça que l’ingénierie correspond.

Q : Pourquoi est-il important d’inciter les femmes à faire carrière dans l’ingénierie?

BELANGER : Nous sommes persuadés que les femmes possèdent les qualifications et l’intelligence nécessaires pour devenir d‘excellentes ingénieures. Elles apportent une nouvelle dimension en termes de travail d’équipe, de coopération et une approche collaborative pour résoudre tout problème potentiel. Selon moi, il s’agit en réalité d’un nouveau genre de leadership en matière d’ingénierie.

Q : Le leadership est une compétence en soi. Quelle est la meilleure façon pour une étudiante en génie d’acquérir de telles compétences?

CROFT : Grâce à la mise en place de la Chaire Goldcorp et d’autres activités similaires instaurées à l’UBC visant à faire des femmes de véritables leaders, les attentes en matière de leadership sont bouleversées. Je crois que les femmes doivent avant tout établir un réseau. Vous essayez d’adhérer à une culture à laquelle vous ne correspondez pas forcément. Il est essentiel d’avoir la possibilité de travailler en réseau.

Q : Quels obstacles les femmes devront-elles surmonter en vue de poursuivre une carrière dans l’ingénierie?

BELANGER : Je crois que la plupart des femmes actives se posent des questions sur l’équilibre entre leur vie professionnelle et leur vie privée : « Je me sens coupable si je ne passe pas suffisamment de temps avec mes enfants. » À un moment donné, il est important d’avoir quelqu’un à qui se confier, quelqu’un qui est déjà passé par là. Je pense qu’en matière de rétention des employés dans l’ingénierie, il est important d’avoir des mentors, d’avoir ce genre de conversations, de pouvoir de temps en temps bénéficier de ce groupe de rétroaction.

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